Crise de l'action publique, les interstices de la fabrique urbaine

Résumé : Dans cette discussion sur l'hypothèse d'une crise de l'action publique urbaine, inscrite dans l'axe 2 de l'appel à communication, nous questionnerons les lois liées à l'adaptation au changement climatique : sont-elles à l’origine d’une dérive techniciste ayant entrainé un abandon croissant de l’approche transversale initiée par les politiques de développement durable et consacré par la loi SRU ? Dans un contexte d'accélération de la production de normes urbaines, nous constatons un tournant radical à partir des années 2000. Si la première décennie que nous proposons d'analyser (1990-2000) est clairement l'époque d'un cadre normatif qui prône le développement durable des territoires, la transversalité des pratiques professionnelles et l'inclusion habitante, la décennie suivante (2000-2010), celle du Grenelle de l'environnement, accuse un certain nombre de dérives qui ont posé de profonds verrous dans la fabrique de la ville contemporaine. Le retour aux objectifs chiffrés, la verticalisation des procédures, la sectorisation de l’urbanisme adapté au changement climatique sont quelques uns des verrous que nous examinerons et qui sont à l’origine d’une complication réciproque des champs de connaissances et des modes d’intervention. Parallèlement, de nouvelles formes d'implication habitante émergent et s’ajoutent à une représentativité politique sclérosée. Difficile à mettre dans des cases préétablies, ces initiatives habitantes (micro) n'appartiennent visiblement pas au registre conventionnel de la "démocratie participative". Réaction face à la frénésie normative ou nouvelle filière de production urbaine ? Pourraient-elles même dessiner les contours d’une nouvelle forme de représentativité ? Nous postulons que dans un contexte de crise, les solutions ne peuvent venir de là où la crise a été générée. De fait, le modèle macro (l’action publique) étant en crise, toute autre initiative peut devenir un laboratoire et ouvrir le champ des possibles. Nous mettrons à l’étude des cas de division parcellaire dans le périurbain français ; un mouvement qui prend de l’ampleur depuis le milieu des années 2000 et qui permet d’envisager des solutions aux dérives technicistes et à l’omnipotence contestée de l’État. Pour cela nous montrerons, à travers l'observation participante du principe Bimby, comment une initiative habitante peut infléchir les blocages institutionnels et ainsi servir un nouveau schéma de production de la ville. Nous proposons d’appuyer notre article sur des entretiens (élaborés en 2012) présentant deux niveaux d’hypothèses ; celui des pratiques et des désirs des acteurs du territoire. Nous révélerons ainsi les incohérences entre ce que les documents réglementaires disent de faire et ce qui est réellement envisageable sur le terrain.
Type de document :
Communication dans un congrès
Penser la fabrique de la ville en temps de crise (s), Jun 2014, Tours, France
Liste complète des métadonnées

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01150904
Contributeur : Rémy Vigneron <>
Soumis le : mardi 12 mai 2015 - 10:53:02
Dernière modification le : mercredi 3 juin 2015 - 16:23:52

Identifiants

  • HAL Id : hal-01150904, version 1

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Rémy Vigneron. Crise de l'action publique, les interstices de la fabrique urbaine. Penser la fabrique de la ville en temps de crise (s), Jun 2014, Tours, France. <hal-01150904>

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