Dynamiques paysagères en vallées inondables dans l'agglomération Tourangelle : Entre ville et campagne

Résumé : Les politiques paysagères et/ou environnementales dans l’agglomération tourangelle se renforcent et se complexifient alors que rural et urbain se recomposent, la différenciation s’estompant. Il est pourtant difficile de dégager la spécificité des deux types de politiques et l’on pourra constater combien, dans l’esprit des politiques et des acteurs en général, il y a ambivalence. La ville de Tours (et de son agglomération), construite entre deux cours d’eau (le Cher et la Loire) dans de vastes zones plus ou moins inondables, a préservé, du fait de l’inondabilité, une fracture, tant spatiale qu’au niveau des représentations, entre l’espace rural et l’espace urbain jusqu'à très récemment. Avant les années 50, la distinction entre les parties urbanisées, localisées sur les espaces protégés des crues et les parties inondables laissées à l’utilisation agricole était relativement nette. Depuis peu, l’extension de la ville dans ces vallées inondables s’accélère et les espaces encore ruraux ne s’opposent plus à la ville mais sont complémentaires. Cette recomposition spatiale, parce que récente et actuelle, fait de ces zones de véritables laboratoires pour étudier la gestion environnementale et paysagère. Deux portions de vallée aux abords de Tours illustrent les évolutions à l’œuvre. La plaine de la Gloriette dans la vallée du cher au sud de la ville marque une discontinuité avec le reste de la plaine du Cher qui de rurale est devenue urbaine par les aménagements des années 1960 à 1990. « La Gloriette » est depuis deux décennies constamment travaillée et modelée par les dynamiques sociales sous-tendues par les représentations de l’environnement et les regards portés sur la nature. Si la préoccupation environnementale est devenue fondamentale - inclure un espace de « nature » de vaste dimension (200 ha) dans la ville - elle ne peut, dans l’esprit des édiles, qu’être associée à un désir de « paysagement » du site. Il serait inconcevable qu’on laissât en l’état cette ancienne zone agricole et de prairies. Aussi, le projet imaginé est-il un hybride entre le parc urbain et le parc de loisir, variation autour de l'expression « Jardin de la France » qui intègre l'inondabilité du lieu en utilisant l'eau comme fil conducteur. La portion de vallée, à l’est de Tours, encore campagnarde il y a à peine 50 ans, est devenue largement péri-urbaine. Un tiers espace dépassant la séparation archaïque rural – urbain et offrant encore des paysages ligériens riches et variés dont la lisibilité remarquable met en valeur les aménagements bimillénaires des sociétés. Toutefois, si les modifications de l’occupation du sol, en grande partie agricole, sont faibles, la diminution des agriculteurs et l’arrivée de nouveaux résidents travaillant à Tours engendre des conflits (mitage, extension de la ville de Montlouis aux dépens des vignobles A.O.C., fermeture du paysage par la végétalisation naturelle et les peupleraies, développement de zones d’activité en plaine inondable,…). Prendre en compte et préserver les composantes paysagères du val de Loire devient une réalité de plus en plus prégnante mais pas si facile à mettre en œuvre. La gestion du patrimoine paysager du val est-elle aujourd’hui globale et intégrée, gommant la dichotomie rural-urbain, d’autant plus que le val de Loire est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses paysages culturels.
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Contributor : Jean-Louis Yengué <>
Submitted on : Tuesday, April 21, 2015 - 5:01:37 PM
Last modification on : Wednesday, March 21, 2018 - 10:54:07 AM

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  • HAL Id : hal-01144481, version 1

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Citation

Alain Genin, Jean-Louis Yengué. Dynamiques paysagères en vallées inondables dans l'agglomération Tourangelle : Entre ville et campagne. De la connaissance des paysages à l’action paysagère, Dec 2004, Bordeaux, France. ⟨hal-01144481⟩

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