Rendre visibles les traces d'interaction pour renforcer la réflexivité de l'utilisateur.

Résumé : Les innovations technologiques récentes rendent ais é le traçage des individus dans les systèmes d'information (Arnaud et Merzeau, 2009 ). Ces systèmes traçants, déployés côté serveurs, prétendent décrire correcte ment les usages, comme ceux de Google (Gallezot, 2009) ou de Facebook : ils se présentent comme les prismes de nos activités. Malgré ces prétentions, le risque est gr and d'opérer des déformations importantes en raison de leur éloignement physique et de la méconnaissance de l'activité réelle. Pour réduire la distance entre l es traces numériques et leurs auteurs, il est possible de faire participer l'individu en lui restituant directement ses propres traces d'activité, comme autant de reflets de sa personne, afin de créer une situation de réflexivité (Mille et Prié, 2006). Dans ces conditions de retour sur soi, comment l'utilisateur réagit-il ? Est-il fasciné par son miroir, ou parvient-il à l'utiliser pour faciliter son activité et si oui comment ? Jaillet (2009) remarque, à juste titre, que les systèmes à bases de traces rendent beaucoup de service dans la formation, mais qu'il manque un "espace de création sémiotique des traces " (p. 233). L'enjeu est donc pour nous, à travers une réflexion sur les technologies comme miroir, de contribuer à comprendre comment se forment ces traces-signes qui prétendent aujourd'hui à une nouvelle connaissance de l'humain. Pour cela, nous présenterons deux expérimentations réalisées à partir d'observations de terrains. Dans la première, une situation de travail, des salariés d'une grande entreprise française s'approprient des événements informatiques qui "font traces" pour eux alors que ces événements ne sont pas destinés à être objectivés et analysés. Dans la seconde, une situation d'éducation, des étudiants en sciences de la vie utilisent un système qui leur restitue des t races lors de leur activité de recherche d'information. Les résultats que nous obtenons montrent que l'utilisateur est actif face aux représentations qui lui sont transmises par le système. Afin de développer son activité ou d'améliorer son apprentissage, il met e n forme les événements numériques représentés, et opère des transformations sémantiques. Nous proposerons alors d'examiner l'idée d'une " réflexivité renforcée ", qui rend compte du passage de l'événement informatique comme phénomène à la trace d'usage (Davallon, 2003) qui "fait sens" pour l'utilisateur. Nous présenterons ensuite les limites de notre approche et indiquerons les perspectives de recherche que présente le champ des traces numériques en tant que reflet pour l'individu.
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Roger Bautier, José Do-Nascimento. Les TIC comme miroir de la société : Une lecture pluridisciplinaire., L'Harmattan, pp.99-120, 2012, Nomino Ergo Sum
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Soumis le : lundi 3 mars 2014 - 15:55:12
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Magali Ollagnier-Beldame, Thibaud Hulin. Rendre visibles les traces d'interaction pour renforcer la réflexivité de l'utilisateur.. Roger Bautier, José Do-Nascimento. Les TIC comme miroir de la société : Une lecture pluridisciplinaire., L'Harmattan, pp.99-120, 2012, Nomino Ergo Sum. 〈hal-00954909〉

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