Livres d'Histoire, lectures de l'Histoire

Résumé : Les textes constituant cette troisième livraison des Cahiers du CRHQ sont noués de plusieurs liens. L'un peut paraître formel mais n'est pas le moins important. Il concerne les relations entre le centre de recherches et l'un de ses partenaires privilégiés : l'Institut-Mémoires de l'Édition Contemporaine (IMEC). La première partie du présent Cahier, " Éditer et lire l'histoire ", est directement issue de communications prononcées dans le cadre du séminaire pluridisciplinaire - historiens, littéraires, spécialistes des Arts du spectacle ou des Études cinématographiques y collaborent - d'histoire culturelle lancé en 2007. Le Séminaire est accueilli par l'IMEC, à raison de six journées par année universitaire, dans le cadre enchanteur de l'Abbaye d'Ardenne. Les deux premières années du séminaire avaient pour thème : " Éditer, lire et représenter l'histoire ". La deuxième partie vient quant à elle d'une journée d'étude, organisée en juin 2009 dans le même lieu à l'initiative de Benoit Marpeau et intitulée : " L'historien et son éditeur, travaux sur les fonds de l'IMEC ". Seul l'article de Bruno Auerbach, dont l'optique nous a paru remarquablement complémentaire de celle de la journée d'étude, n'en provient pas et est venu s'y ajouter. Au-delà d'un cadre de travail aussi stimulant que convivial, l'Abbaye d'Ardenne est devenue pour l'axe d'histoire culturelle du CRHQ un lieu de formation pour les étudiants de la licence au doctorat, l'asile de rencontres scientifiques. Et par ses très riches collections centrées sur l'édition et la création intellectuelle, une ressource inappréciable pour la recherche. L'autre fil qui parcourt ces textes est plus évidemment intellectuel. Tous veulent articuler analyse du discours historien et compréhension du monde du livre. Cette articulation est saisie à diverses échelles et dans une large amplitude chronologique, les études rassemblées ici s'ordonnant sur une échelle de temps allant du XVIIe siècle à la fin du XXe siècle. Si le cadre national français est privilégié, l'Allemagne nazie et le monde ibérique et latino-américain sont aussi abordés. Dans la première partie, " Éditer et lire l'histoire ", Jean-Dominique Mellot brosse un tableau complet du segment particulier du monde du livre consacré à l'histoire dans la France du XVIIe siècle. Il privilégie l'analyse des structures éditoriales complexes et variées qui le portent et le modèlent, mais consacre aussi des pages éclairantes à la place des ouvrages d'histoire dans les bibliothèques ecclésiastiques ou laïques. L'idée reçue d'une crise profonde de l'histoire au XVIIe siècle s'en trouve singulièrement nuancée. Marie-Cécile Bouju, au cœur d'un XXe siècle où la production et la circulation du livre ont changé d'échelle, s'intéresse à la place faite aux livres d'histoire dans la culture militante des communistes français de l'entre-deux-guerres. Et cette étude passe par celle de l'activité des maisons d'édition alors directement liées au Parti, comme par l'analyse du rôle des historiens au sein de la structure militante. Enfin, Johann Chapoutot met en évidence les relations existant entre dispositifs institutionnels et éditoriaux d'une part, implication des historiens universitaires allemands spécialistes de l'Antiquité dans la guerre totale voulue par le pouvoir nazi de l'autre. La deuxième partie s'attache à l'étude des relations entre les historiens et leurs éditeurs au cours du second XXe siècle. Elle s'ouvre sur une étude de la place accordée au monde éditorial dans les récits autobiographiques d'historiens qui fleurissent dans les années 1980 et 1990. Benoit Marpeau y relève, pour tenter de l'expliquer, l'écart fréquent entre la valorisation extrême du livre et le rôle annexe concédé aux éditeurs. Alain Hugon éclaire ensuite la situation particulière de l'éminent spécialiste de l'Espagne moderne que fut Marcel Bataillon. L'auteur d'une thèse majeure sur Erasme et l'Espagne soutenue en 1937 dut en effet publier l'essentiel de son œuvre en contournant un système éditorial inséré dans une Espagne de la dictature franquiste qu'il réprouvait profondément. Enfin, deux cas d'historiens emblématiques de la " Nouvelle histoire " française triomphante des années 1970 et 1980, Georges Duby et Emmanuel Le Roy Ladurie, viennent clore ces Cahiers. Benoit Marpeau, en s'appuyant comme Alain Hugon sur les remarquables fonds de l'IMEC, essaie de montrer la place des sollicitations et des interventions éditoriales dans la trajectoire intellectuelle de Georges Duby. Bruno Auerbach se penche sur le remarquable succès éditorial que fut Montaillou, village occitan (1975). Pour en rendre compte, il montre la nécessité de prendre en considération la coexistence de logiques scientifiques et de logiques éditoriales qui président à la mise en texte de l'histoire. Texte intégral du document http://www.crhq.cnrs.fr/cahiers/page-cahier.php?id_num=8 consulté le 18 juillet 2012.
Mots-clés : HISTOIRE
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Contributor : Carine Lecerf <>
Submitted on : Wednesday, May 4, 2016 - 12:25:50 PM
Last modification on : Thursday, April 4, 2019 - 2:15:13 PM
Long-term archiving on : Tuesday, May 24, 2016 - 4:35:44 PM

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Citation

Stéphane Haffemayer, Benoît Marpeau, Jean-Dominique Mellot, Marie-Cécile Bouju, Johann Chapoutot, et al.. Livres d'Histoire, lectures de l'Histoire. 2012, 188 p. ⟨hal-00718788⟩

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