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Communication dans un congrès

LA DÉTESTATION DE LA VILLE OU LA CONSTRUCTION DU DISCOURS URBAPHOBE AU XIXème ET XXème SIÈCLE

Résumé : L'analyse qui va suivre sur « l'urbaphobie est issu d'un colloque qui a eu lieu les 8 et 9 mars 2007. Sa publication, menée avec le soutien du département du Val-de-Marne, Urbaphobie. La détestation de la ville aux XIXe et XXe siècles, paru aux Editions Bière en 2009, a rassemblé une vingtaine de contributions sous la direction d'Arnaud Baubérot et de moi-même. Que signifie l'urbaphobie, autrement qualifiée de « phobie de la ville », « phobie urbaine », « anti-ville », « détestation de la ville » etc. ? Expression située à l'articulation des pratiques et des représentations, elle relève des liens qui existent entre dynamiques sociales, culturelles et territoriales. Elle implique un refus (la ville apparaît en termes de repoussoir et de rejet) mais dans le même temps, elle se construit sur l'image que donne d'elle-même la ville contemporaine, ce qui en fait à la fois un objet d'histoire et un concept descriptif et efficient. L'urbaphobie se place tout d'abord dans une alternative ville/nature ou ville/campagne, constamment retravaillée et remaniée au cours des deux derniers siècles. La vision « rousseauiste » ou morale situe ainsi la nature du côté du bien et la ville du côté du mal ; une nature bienfaisante, pacifiante, porteuse des vraies valeurs opposée à une ville, lieu du vice, de la tromperie, de l'excitation des sens. L'expression peut alors être celle de la rupture qui prend des formes violentes et exclusives, ou de la fuite et de la tentative de reconstruction « ailleurs ». Soit une argumentation anti-urbaine qui se développe dans la dénonciation de la ville telle qu'elle est. Aussi, le discours urbaphobe met-il en valeur la notion de la ville qui a failli. C'est en ce sens qu'il faut entendre le projet thérapeutique et pédagogique de « sortie de ville » : promenades dominicales dans les forêts péri-urbaines, camping ou loisirs en plein air ou encore plus radicalement antidote à la ville, colonies pénitentiaires, asiles d'aliénés ou pensionnats à la campagne. L'invention de ces pratiques récréatives et éducatives aide à rendre la ville plus supportable. Enfin, la dernière acception de l'urbaphobie est celle la ville perfectible. Ce discours particulièrement efficace est porté par les Eglises aussi bien en France, en Allemagne qu'aux Etats-Unis : loin de la vision souvent reprise de la « ville, tombeau de la religion », opposée aux campagnes restées pratiquantes, il s'agit pour elles de s'y adapter. Plus largement dans l'opinion publique et parmi les décideurs, le discours anti-urbain devient alors l'une des composantes de la réforme et de la transformation de la ville.
Type de document :
Communication dans un congrès
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00577920
Contributeur : Daniel Thevenot <>
Soumis le : jeudi 17 mars 2011 - 17:17:39
Dernière modification le : mercredi 8 janvier 2020 - 12:24:13
Archivage à long terme le : : samedi 18 juin 2011 - 03:01:44

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1-JSE-2011-Bourillon-Manuscrit...
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  • HAL Id : hal-00577920, version 1

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Florence Bourillon. LA DÉTESTATION DE LA VILLE OU LA CONSTRUCTION DU DISCOURS URBAPHOBE AU XIXème ET XXème SIÈCLE. 22èmes Journées Scientifiques de l'Environnement - Reconquête des environnement urbains: les défis du 21ème siècle, Feb 2011, Créteil, France. ⟨hal-00577920⟩

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