Les formes sympatriques et allopatriques du genre Ravenala dans les forêts et les milieux ouverts de l'est de Madagascar

Résumé : L'arbre du voyageur ou ravenala, endémique de Madagascar et remarquable par la disposition en éventail de ses feuilles, est actuellement considéré comme la seule espèce, Ravenala madagascariensis Sonn., d'un genre monospécifique. Or quatre formes de ravenala ont été distinguées sur la façade est de Madagascar, entre Andasibe et l'Océan Indien. Deux de ces formes (1), malama et (2), hiranirana sont forestières et ont été observées dans la forêt d'Andasibe. La forme (1) est très caractéristique : les stades jeunes en sous-bois de forêt non perturbée présentent des feuilles disposées en tore avec des limbes arqués et longuement décurrents. La forme (2) s'installe préférentiellement dans les chablis et les sous-bois de forêt perturbée et elle présente, tout au long de sa vie, un léger décalage des feuilles par rapport au plan de l'éventail. Les formes (3) bemavo et (4) horonorona colonisent préférentiellement les milieux ouverts. La forme (3), à gaines foliaires jaunes, est très utilisée par les populations locales ; on la rencontre essentiellement dans les « savoka » et les pentes forestières défrichées, entre 300 et 600 m d'altitude. La forme (4) est fréquente à basse altitude, jusqu'au niveau de la mer où elle pousse souvent dans les marécages ; cette dernière forme, globalement plus petite, est la seule à présenter des rejets basaux, à l'origine de son comportement cespiteux. D'un point de vue évolutif, nous émettons l'hypothèse que les rejets basaux et la parfaite superposition des feuilles seraient des caractères primitifs. Ainsi, le ravenala serait apparu dans des forêts marécageuses à canopée discontinue puis aurait secondairement envahi les forêts de moyenne altitude et enfin les pentes défrichées. Nous suggérons que les racines tractrices, présentes chez toutes les formes et responsables d'une croissance d'établissement par enfoncement de l'apex dans le sol, auraient permis une stabilisation biomécanique initiale dans les bas-fonds des forêts marécageuses, puis secondairement une stabilisation sur les sols très pentus des forêts de moyenne altitude en chablis puis en sous-bois, ainsi qu'une adaptation par protection de l'apex au passage régulier des feux sur les pentes défrichées. Les études sont actuellement poursuivies et il est vraisemblable que ces formes devront être distinguées taxonomiquement, la forme (1), malama, semblant fondamentalement divergente des autres formes.
Type de document :
Article dans une revue
Revue d'Ecologie, Terre et Vie, 1999, 54, pp.201-223


https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00548812
Contributeur : Claude Marcel Hladik <>
Soumis le : lundi 20 décembre 2010 - 15:14:37
Dernière modification le : mardi 11 octobre 2016 - 14:41:55
Document(s) archivé(s) le : lundi 21 mars 2011 - 03:35:11

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  • HAL Id : hal-00548812, version 1

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Patrick Blanc, Nelson Rabenandrianina, Annette Hladik, Claude Marcel Hladik. Les formes sympatriques et allopatriques du genre Ravenala dans les forêts et les milieux ouverts de l'est de Madagascar. Revue d'Ecologie, Terre et Vie, 1999, 54, pp.201-223. <hal-00548812>

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