Effets biologiques des radiofréquences de type WiFi (2450 MHz) chez le jeune rat

Résumé : Parallèlement à la téléphonie mobile, le développement des systèmes de communication sans fil tels que le WiFi suscite des questions nouvelles quant aux effets sanitaires. La puissance de ce type de signal est pourtant faible (104-105 au-dessous des normes) et la fréquence porteuse de 2450 MHz déjà bien étudiée. L'expansion fulgurante de ce système, notamment sous forme de « hotspots » dans de nombreux lieux publics (zones résidentielles et urbaines : bibliothèques, école) lui confère un caractère ubiquitaire. Les spécificités de ce type d'exposition (modulation du signal, exposition corps-entier prolongée) pourraient-elles avoir une incidence sur les systèmes biologiques ? Dans une étude sur un modèle animal avec une exposition en champ lointain à un signal de type WiFi (2450 MHz), nous proposons d'analyser les effets biologiques sur le cerveau de jeunes rats. Un système d'exposition «corps-entier» a été spécialement conçu et caractérisé (Satimo SA et Orange Labs, 2008). Il s'agit d'une cage réverbérante cubique permettant l'exposition uniforme des rongeurs (2 heures par jour, 5 jours/sem). Ce nouveau système permet de supprimer la contrainte d'immobilisation et de confinement et permet d'exposer 4 cages à la fois avec une masse d'animaux allant jusqu'à 1,5 kg. Des antennes émettrices sont présentes sur chacune des six faces de la chambre et activées de façon aléatoire. Ce signal est généré par une communication WiFi instaurée entre deux PC et une atténuation est appliquée permettant d'avoir des niveaux de DAS déterminés. Les préoccupations sociétales ayant lourdement pesé sur la question de la sensibilité des enfants à l'exposition aux radiofréquences, nous avons souhaité observer les effets d'une exposition WiFi sur des cerveaux de rongeurs en développement. Ainsi, nous avons et ce, pour la première fois, exposé des rattes gestantes corps-entier afin que l'exposition quotidienne des rats débute in utero (2 semaines) et se poursuive durant les 5 premières semaines de vie. Des contrôles cages sont réalisés parallèlement à l'expérimentation. Cette exposition de 7 semaines au total a été réalisée en aveugle avec un DAS de 0 W/kg (Sham); 0,1 W/kg ; 0,6 W/kg et 4 W/kg (niveau de l'effet critique selon ICNIRP). Une mesure de puissance est effectuée en temps réel afin de contrôler le système. Le prélèvement des cerveaux après sacrifice permettra d'évaluer le potentiel d'induction de phénomènes de stress et d'apoptose au niveau du système nerveux central. Trois zones sont considérées : l'hippocampe, le cortex et le CPu (caudate putamen). Ainsi, nous procéderons à des marquages immunohistochimiques sur coupes pour la détection et la localisation des protéines de stress Hsp 70, Hsp 25. La mise en évidence d'un marqueur issu de la nitration des résidus tyrosine des protéines, la 3-Nitrotyrosine (3-NT) permet une évaluation du stress radicalaire. De plus, nous avons recherché les signes éventuels d'apoptose à l'aide du test TUNEL. Enfin, l'activation potentielle des astrocytes, suite à l'exposition, sera recherchée par détection de la GFAP (Glial Fibrillary Acidic Protein). L'exploitation statistique des résultats obtenus est réalisée après traitement d'images à l'aide du logiciel Aphelion (photos /caméra à refroidissement, Olympus; logiciel Aphelion ADCIS). Le prélèvement de sang total permettra par ailleurs la mise en évidence de néo-antigènes, marqueurs de l'inflammation, du stress radicalaire ou associés au processus de neurotoxicité (anticorps anti-: NO-conjugués, kynurenine hydroxyl, acide quinolinique, myristate...). Cette étape est réalisée dans les sérums, via le titrage d'anticorps par la méthode ELISA. Les résultats préliminaires seront présentés au congrès.
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00325172
Contributor : Murielle Taxile <>
Submitted on : Friday, September 26, 2008 - 2:50:11 PM
Last modification on : Thursday, January 11, 2018 - 6:21:06 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-00325172, version 1

Citation

S. Aït-Aïssa, B. Billaudel, E. Haro, M. Taxile, A. Hurtier, et al.. Effets biologiques des radiofréquences de type WiFi (2450 MHz) chez le jeune rat. Journée SFRP: Effets biologiques et Sanitaires des Rayonnements non ionisants, Oct 2008, La Tronche Grenoble, France. ⟨hal-00325172⟩

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