| Dans le contexte du pays dogon, au Mali, trois processus conjoints ont été analysés avec précision par les anthropologues : la patrimonialisation de la culture dogon et sa sanctuarisation, l'apparition d'un néo-traditionalisme propre aux élites urbaines, et la multiplication de spectacles touristiques ou " folkloriques " organisés à une échelle locale, régionale ou nationale. Comme l'a montré Gaetano Ciarcia, cette volonté récente de préservation, de singularisation et de valorisation de la " Tradition " dogon se nourrit en partie des publications ethnologiques de l'Ecole Griaule et de la fascination qu'elles suscitent dans le monde occidental. Mais au lieu d'examiner les répercussions de ces travaux à l'intérieur du pays dogon, cette communication analyse leur récupération par différents mouvements ou communautés extérieurs (New Age, ufologues, sectes ésotériques, Afrocentrisme, Afro-Américains...). En réinterprétant les écrits de Griaule ou leurs exégèses ultérieures, ces groupes ou ces mouvances construisent une image utopique de la société dogon et, en transformant celle-ci en archétype culturel et en gardienne d'un passé glorieux ou extraterrestre, ils y puisent des preuves archéo-ufologiques, des enseignements métaphysiques ou des symboles de leur propre identité. |