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Histoires, archéologies, littératures du monde musulman, Mélanges en l'honneur d'André Raymond, Ghislaine Alleaume, Sylvie Denoix et Michel Tuchscherer (Ed.) (2009) 345-360
Orientalisme et opéra
Pierre Larcher 1
(2009)

Bien qu'il prétende traiter d'orientalisme, tant au sens strict que large, Edward W. Saïd (1935-2003) néglige en fait presque entièrement dans son essai Orientalism (1978) l'orientalisme artistique, autre que littéraire. L'objet du présent article est de combler cette lacune, dans le domaine musical et plus particulièrement de la musique lyrique. Il montre, à travers une sélection d'œuvres, non seulement la richesse de la matière, mais encore l'étroitesse des liens entre littérature et musique, tissant leur toile au travers de l'Europe entière, ainsi que la connexion, non moins étroite, avec le contexte historique. Tout en couvrant, chronologiquement, l'histoire de l'opéra, de ses débuts à l'époque moderne, notre sélection est thématique : sont successivement abordés l'Orient des croisades (Le Combat de Tancrède et Clorinde (1624) de Claudio Monteverdi (1567-1643), sur fond d'expansion ottomane, La Zaïra (1829) de Vincenzo Bellini (1801-1835)) et, plus largement, des relations conflictuelles entre Islam et Occident (Tancrède (1813) de Gioacchino Rossini (1792-1868), Obéron (1826) de Carl-Maria von Weber (1786-1826)) ; les « turqueries », sur fond de piraterie « barbaresque » et d'esclavage d'Européens en terre d'islam (L'Enlèvement au sérail (1782) de Wolfgang-Amadeus Mozart (1756-1791), revers buffa d'un opéra dont il existe un avers seria, mais inachevé, Zaïde (1779)), parfois aussi la visite de Turcs en Europe, deux thèmes que l'on retrouve encore au début du XIXème siècle avec L'Italienne à Alger (1813) et Le Turc en Italie (1814) de Rossini ; l'Orient des Mille et une nuits, vu au travers de la traduction d'Antoine Galland (1646-1715) (Abu Hassan (1811) de Weber, Le Barbier de Bagdad (1858) de Peter Cornelius (1824-1874)) et, plus récemment, de celle de Joseph-Charles Mardrus (1868-1949) (Mârouf, savetier du Caire (1914) d'Henri Rabaud (1873-1949)) ; celui des Mille et un jours de François Pétis de la Croix (1653-1713) (Turandot (1917) de Ferrucio Busoni (1868-1924)) ; le mythique Orient de l'empire des sens (Djamileh (1872) de Georges Bizet (1838-1875)) et, enfin, un Orient plus grave et comme philosophique (La Flûte enchantée (1791) de Mozart, Le Roi Roger (1926) de Karol Szymanowski (1882-1937)).
1 :  Institut de Recherches et d'Etudes sur le Monde Arabe et Musulman (IREMAM)
CNRS : UMR6568 – Université de Provence - Aix-Marseille I – Université de la Méditerranée - Aix-Marseille II – Université Paul Cézanne - Aix-Marseille III
Sciences de l'Homme et Société/Histoire

Sciences de l'Homme et Société/Littératures

Sciences de l'Homme et Société/Musique, musicologie et arts de la scène
Orientalisme – opéra – croisades – piraterie – esclavage – turquerie – chansons de geste – Mille et une nuits – Mille et un jours – Le Tasse – L'Arioste – Voltaire – Galland – Petis de la Croix – Mardrus – Edouard Saïd – Monteverdi – Mozart – Weber – Bellini – Rossini – Cornelius – Bizet – Busoni – Szymanowski – Rabaud