| Parmi les divinations où la parole oraculaire est corrélée aux traces laissées par un animal sur un dispositif préalablement apprêté, celle par le renard pratiquée en pays lyela (Burkina Faso) a pour principe : le tracé des tables divinatoires par les devins avec un petit outil dénommé " morceau de calebasse " ; le passage de l'animal sur ce ou ces tapis de signes de sable serrés les uns contre les autres ; l'observation par le ou les devins des empreintes laissées par le renard, évoquées comme étant " sa parole ", laquelle donne lieu à l'énoncé oraculaire. Toutes ces étapes sont soumises à conditions, l'entreprise échoue si tel ou tel des préceptes n'est pas respecté. Comment la parole oraculaire advient-elle ? Par où chemine-t-elle ? Qu'est-ce qui préside à son apparition ? L'auteur apporte quelques éléments de réponse en focalisant d'abord l'attention sur le tracé des tables divinatoires, son vocabulaire et l'outil utilisé. Deux autres objets sont ensuite évoqués : une poterie neuve coupée en deux, une meule brisée. Après les questions inhérentes au tracé, mettant en jeu des liens entre mondes distincts -- le nôtre, celui d'où l'on vient --, on se tourne vers la " parole " du renard et celle du devin, paroles dont la mise en espace fait écho aux relations entre mondes distincts évoquée à l'instant. |