| Les symboles sont des objets matériels, donc toujours précisément localisés, qui supportent la représentation d'une réalité à la fois plus abstraite et plus complexe qu'eux-mêmes. Les icônes sont définies de leur côté comme des images inscrites sur des supports matériels ; les « icônes urbaines » sont des représentations graphiques répétitives de lieux et d'objets qui symbolisent une ville, comme les tours jumelles du World Trade Center de New York, le panneau « Hollywood » de Los Angeles, la Tour Eiffel de Paris ou l'Ange de Mexico. L'efficacité de la symbolique (le système de production des significations attribuées à des objets) dépend de celle de l'iconographie (le système de communication des images de ces objets). Nous étudierons ici cette dépendance dans le cadre d'une géopolitique de la visibilité à Mexico, mégapole abondamment représentée dans les médias contemporains. Je propose ici une analyse rétrospective qui s'applique à un corpus d'icônes « actives », c'est-à-dire reproduites aujourd'hui par des acteurs urbains, images tirées de documents officiels ou administratifs, de médias imprimés ou électroniques, d'objets touristiques ou publicitaires, de livres d'histoire ou d'œuvres d'art. |