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Université Paris-Est (27/11/2010), François Asher, Francis Godard, Marie-Hélène Massot (Dir.)
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Rendez-vous en ville ! Urbanisme temporaire et urbanité événementielle : les nouveaux rythmes collectifs
Benjamin Pradel 1
(2010-11-27)

Si la métropole est polychronique, l'isolement d'un de ses rythmes permet de nuancer les théories de la modernité liquide et de la ville en continu. À travers l'étude diachronique de trois événements festifs métropolitains à Paris et Bruxelles, nous proposons une lecture de l'histoire des villes par ses temps partagés, une description des mécanismes par lesquels les rythmes sociaux émergent et une analyse du rôle qu'ils jouent dans la production de l'espace et de la société. Réinterrogé par le concept de rendez-vous collectifs, les rythmes sociaux urbains apparaissent comme une co-production entre un urbanisme temporaire et une urbanité événementielle. Ces deux éléments forment le couple explicatif du rôle spatial et social des rythmes événementiels dans la métropole. Les institutions municipales instrumentalisent l'urbanisme temporaire pour signifier des unités du temps social qui permettent d'organiser le rassemblement et de produire matériellement du lieu. L'urbanité événementielle est le résultat collectif des interprétations individuelles des événements comme signe temporel. Elle produit du lien social et construit un sens commun des lieux. La répétition calendaire de la rencontre entre l'urbanisme temporaire et l'urbanité événementielle provient d'une part, de la décision politique de maintenir et d'instrumentaliser le rendez-vous dans l'organisation de la métropole, d'autre part de la synchronisation rythmique des individus qui organisent leurs temps sociaux pour participer au rassemblement. La rationalité axiologique qui anime les participants est motivée par la valorisation des interactions de face-à-face et la production de liens sociaux associatifs, dans une société interrogée par la différenciation et la désynchronisation des modes de vie quotidiens. L'individu ne se passe toujours pas de rassemblements rituels, dans des lieux précis et selon des temporalités saisonnières. En dépit de leurs racines historiques profondes, ces rythmes collectifs sont adaptés à la métropole, à la complexification de ses territoires, à l'hybridation de ses représentations culturelles et à l'individualisation de ses temporalités sociales. Au-delà, le concept de rythme est une théorie de morphologie sociale qui rend compte du fonctionnement des sociétés de façon multiscalaire et dynamique. Cette approche rythmique s'inscrit dans les théories sociologiques intermédiaires qui lient l'individu et le collectif, l'usager et l'habitant des villes et ses institutions, la morphologie spatiale et temporelle de groupements humains de toutes tailles. Le fait métropolitain, :influençant et influencé par l'individu et le global, constitue une échelle mésociale heuristique pour l'analyse des sociétés modernes.
1:  Laboratoire Ville, Mobilité, Transport (LVMT)
Université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEMLV) – Ecole des Ponts ParisTech – IFSTTAR UMR-T9404
Humanities and Social Sciences
métropolisation du temps – rythme social – rendez-vous collectif – urbanisme temporaire – urbanité événementielle
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