| Comme tous les acteurs de la société tunisienne, les journalistes de la presse écrite ont à leur manière pris part à l'événement qu'a constitué la chute du régime de Ben Ali en Tunisie le 14 janvier 2011. Se sont-ils contentés de réagir à cet événement et à tous ceux qui l'ont précédé, préparé et annoncé durant les mois de décembre 2010 et janvier 2011, ou bien l'ont-ils anticipé en osant par avance transgresser la censure ? Dans le second cas, chacune des transgressions, même minime, même tardive, pourrait être considérée comme une pierre apportée (jetée) à l'édifice de la révolution, égale en taille à toutes les autres. Le suivi durant ces deux mois de deux quotidiens francophones tunisiens parmi les plus importants, vise à répondre à cette question en mettant en évidence, après une période de flottement inhérente à la dramatisation historique du 14 janvier, les parts respectives de continuité et de rupture dans le comportement des journalistes de la presse écrite. |