| Depuis 1969, l'aire matrimoniale de certaines régions rurales françaises a pris une extension géographique inattendue. La Haute-Lozère, le Finistère, le Tarn où le taux de célibataires chez les agriculteurs de plus de 35 ans atteint des cotes d'alertes, ont été témoins d'un phénomène migratoire inédit : l'arrivée de plusieurs centaines de femmes de I'lle Maurice, de la Réunion, de la Guadeloupe qui de leur côté ont opté pour le mariage comme solution d'émigration. S'il apparaît que le mariage est à la croisée de deux stratégies (migratoire et matrimoniale), il est difficile d'identifier l'une ou l'autre comme cause ou effet. En revanche, et ce sera le propos de cet article, il est nécessaire pour comprendre l'apparition de ces mariages d'analyser dans quels rapports socio-économiques ils s'inscrivent de part et d'autre. Le parti pris de s'en tenir ici aux émigrées mauriciennes à l'exclusion de réunionnaises ou guadeloupéennes tient d'une part à leur représentation statistiquement majoritaire, d'autre part à l'histoire coloniale particulière de cette île qui bien qu'ayant cessé d'être française en 1810, date à laquelle elle a été rétrocédée à l'Angleterre par le Traité de Paris, et devenue indépendante en 1968, subit très fortement encore l'attraction française. |