| Chez les Toraja de l'île de Sulawesi en Indonésie, les divinités sont convoquées par le biais de transes et de chants lors de certains rituels. L'article porte sur la place du chant dans l'un d'eux, le rituel maro "fou", observé en 1993. Durant six jours et six nuits, le rituel s'organise dans plusieurs maisons pour finir collectivement le dernier jour sur un grand champ cérémoniel, le "marché" entre humains et divinités. Il doit permettre à la fois de soigner et de prévenir les maladies, de purifier le village et d'aider les âmes défuntes à remonter au Levant. Il implique l'ensemble de la collectivité locale. Les transes ont lieu les trois derniers jours dans les cours des maisons et sur le grand champ. De grands étendards tridents chargés de tissus ancestraux sont plantés. L'étude des chants de transe dévoile une poésie surprenante, dévoilant des visions du corps, de la chair, du sang, des visions colorées de voyage, de descente d'euphorie cérémonielle. D'autre part, la distinction de dynamiques musicales met à jour deux transes de nature différente. |