| Entre 1997 et 2000, les territoires palestiniens sont le théâtre d'une fragile construction nationale débutée trois ans plus tôt. Ce processus est brutalement interrompu par l'éclatement de l'Intifada al-Aqsa. Pendant cette courte période, l'Autorité palestinienne s'est impliquée dans l'organisation de deux pèlerinages musulmans : les mawsim-s de Nabî Mûsâ et de Nabî Sâlih. Ces deux fêtes religieuses sont l'occasion de nouer des liens intimes et à chaque fois particuliers avec les prophètes et, à travers eux, avec Dieu. Elles sont également des grands moments d'exaltation nationaliste. Ce caractère sera considérablement renforcé par l'Autorité palestinienne. L'objet de cet article sera d'analyser les transformations qui ont tout particulièrement affecté le mawsim de Nabî Sâlih. Il sera démontré que des sanctuaires tout en se caractérisant par une grande immobilité sont habités par une tradition sans cesse remaniée, reconstruite et que des tensions peuvent s'établir entre les lieux saints et la tradition éminemment plastique qui se fixe sur eux. |