| On a tendance à voir une sorte de hiatus entre la communication politique moderne et les différents aspects du rituel qui ont jusqu'ici prévalu dans les sociétés traditionnelles. Cet article montre que l'apparition de ces nouvelles formes de communication politique n'implique pas mécaniquement la disparition de pratique liées à toute une conception de la vie publique ; loin qu'il y ait réellement antinomie entre le travail rituel et l'utilisation des médias, ceux-ci favorisent l'émergence de nouvelles formes qui combinent les referents anciens et les procédures modernes. La recherche présentée ici résulte d'une enquête sur la vie politique locale dans un département français (l'Yonne) et sur les pratiques symboliques d'hommes politiques d'envergure nationale, tel le président Mitterrand. L'auteur analyse d'un point de vue anthropologique les rituels de consensus et les rituels d'affrontement pratiqués dans notre société. Si les rites d'affrontement sont profondément transformés dans leur forme et leur contenu, les rites consensuels perdurent, et trouvent dans les médias un prolongement, une chambre d'écho. Par ailleurs, de nouveaux rites surgissent qui combinent tradition, dimension religieuse et stratégie de communication. |