| Au cours de ces 30 dernières années, les populations de Cerf élaphe et de Chevreuil se sont considérablement développées dans le massif du Cosson. Ce massif situé en Sologne s'étend sur les départements du Loiret et du Loir-et-Cher sur une surface forestière totale de 32 350 hectares. Le principal traitement sylvicole de ce massif est celui du taillis sous futaie de chênes. En réponse à l'inquiétude vis-à-vis d'une dégradation de l'équilibre sylvo-cynégétique, une étude conduite par le Cemagref entre 2005 et 2007, financée par le programme Leader+Grande Sologne et la DRAF Centre a permis de dresser un état de la situation grâce à des relevés précis sur un échantillon de peuplements sur lesquels avaient été réalisées des coupes de taillis depuis 1979. Des peuplements constitués à l'origine de taillis ou de taillis sous futaie peuvent ainsi évoluer vers des landes ou des peuplements dégradés en raison de la surconsommation des rejets du taillis par les cervidés. Parmi les résultats les plus probants,nos analyses montrent que l'effet des populations de cervidés dans le massif du Cosson est étroitement lié à sa colonisation par le Cerf et au développement numérique de cette espèce. Cet état des lieux montre à l'évidence les problèmes cruciaux de renouvellement du taillis et de disparition de l'état boisé. Cette situation résulte de plusieurs phénomènes confondant : l'augmentation des populations déjà soulignée, la forte déprise agricole et l'absence de renouvellement des peuplements forestiers. Cette absence résulte d'une part de la crainte de dommages par les propriétaires et d'autre part du faible intérêt commercial du taillis. Si le constat est partagé par les acteurs (sylviculteurs et chasseurs), les solutions restent à développer. En effet dans ce massif privé où 350 propriétaires possèdent des forêts de grandes superficies, soumises à un Plan simple de gestion (PSG) pour leur majorité, les objectifs de gestion résultent d'arbitrages personnels qui ont des conséquences bien au-delà des limites de la propriété. Certains privilégient une gestion sylvicole de leur forêt, d'autres s'orientent vers une valorisation de leur territoire par la chasse pour des raisons commerciales voire passionnelles. Les retombées économiques de la chasse pour certains propriétaires sont devenues tellement importantes qu'elles occultent le plus souvent les autres fonctions de la forêt, notamment celles de production. Ces différents aspects seront illustrés par des exemples montrant les disparités entre les revenus procurés par la chasse et par la sylviculture. À l'avenir, la maîtrise des populations de cervidés devra passer par des concessions entre les différents objectifs afin d'aboutir à une gestion cynégétique raisonnée compatible avec une gestion durable des territoires boisés. / Deer populations have considerably extended numerically and spatially during the last 30 years in the central part of France (Sologne). The recent and past effects of deer on the regrowth of coppices shoots have been investigated from aerial photographs and field surveys. The most obvious effect of browsing is the change of vegetation structure in coppice woods. The majority of forest owners share with our conclusions. However they don't agree about the solutions. Some of them would like to maintain high level of deer population, because hunting generates positive impacts (rent value). But on the other hand, forest damages are becoming a significant problem. Our investigations show that it is possible to generate equal grants from the forest and from hunting in the respect of equilibrium. |