| La représentation de soi dans le Web 2.0 se caractérise par une structuration rigidifiée de la représentation de soi et une démultiplication des signes qui manifestent l'activité, produisant une hexis numérique faite de gestes plutôt que d'images. Particulièrement, Facebook manifeste une démultiplication des signes qui sont la trace d'une action. Les entretiens et l'observation participante (Georges 2007) dans des dispositifs ludiques, communicationnels et de création ont permis de construire un système conceptuel de l'identité numérique. Ces résultats seront illustrés par une première analyse statistique portant sur Facebook. Nous avons isolé les groupes « hyper-visibles » et « cachés » et ditingué trois types de représentation de soi: déclarative, agissante et calculée. L'identité déclarative se compose des informations saisies manuellement par l'utilisateur; l'identité agissante se compose de signes interprétés par le système en fonction des activités de l'utilisateur; l'identité calculée est le produit de calculs du système et se manifeste par des chiffres. L'identité numérique dans Facebook est moins conditionnée par l'identité déclarative que par l'identité agissante. Ainsi, l'identité de l'écran, de principalement statique et déclarative qu'elle était dans le web 1.0, devient dans le web 2.0 un agrégat de « sédiments » des activités de l'utilisateur qui contracteraient à sa représentation une « existence » quasiréelle. Ces changements ne sont pas seulement formels mais impliquent un changement de la perception de soi-même et de son rapport au monde. |